— Es-tu prt ˆ accueillir la vŽritŽ ? lui demanda-t-elle.

— Au point o jĠen suis, quĠai-je encore ˆ perdre ?

Elle lui prit alors la main droite et lĠenserra dŽlicatement entre les siennes. Quelques secondes sĠŽcoulrent ainsi, puis sa respiration sĠaccŽlŽra brusquement et il la sentit se raidir.

— Oh, non ! haleta-t-elle. Quelle horreur !

— Que vois-tu ? sĠalarma-t-il.

— Mon Dieu, cĠest affreux ! Il y a des croix tout au long du chemin et sur chacune on a clouŽ des gens !

— QuĠest-ce que tu me racontes lˆ ?

— Le Koprinz ! hoqueta-t-elle en proie ˆ de violents tremblements. ƒloigne-toi de sa citŽ ! Ne pŽntre pas ˆ Tyravia !

— Au nom du ciel ! De quoi parles-tu ?

— Il massacre tous ceux qui sĠaventurent sur ses terres, poursuivit-elle. Les champs ne sont plus que ruines et cendres et la mort r™de partout !

DŽcontenancŽ, Johnny tenta de retirer sa main, mais Ilioucha la lui retenait emprisonnŽe comme dans un Žtau.

— Arrte ! sĠŽcria-t-il en sĠefforant vainement de se dŽgager. ‚a suffit maintenant ! L‰che-moi !

— CĠest un vampire ! hurla-t-elle les yeux rŽvulsŽs. Il dŽpce ses victimes et se nourrit de leur sang ! Il va te tuer !

DŽsemparŽ par son attitude, Johnny se redressa et, sĠarcboutant contre la table, il sĠarracha ˆ son Žtreinte. SĠaffaissant aussit™t sur son sige tel un pantin dont le marionnettiste aurait coupŽ les fils, Ilioucha lui jeta un regard hagard.

— Pourquoi as-tu interrompu la sŽance ? balbutia-t-elle.

— Parce quĠˆ dŽfaut de mĠŽclairer sur mon avenir, tu commenais surtout ˆ me faire peur ! sĠinsurgea-t-il.

— Je crains que tu ne me mŽsestimes, Johnny. Il nĠy a aucune de mes prŽdictions qui ne se soient pas rŽalisŽes jusquĠˆ prŽsent et quels quĠaient ŽtŽ mes propos, je tĠengage vivement ˆ ne pas les prendre ˆ la lŽgre !

— Excuse-moi, mais avec tout le respect que je te dois, je ne vois pas trop par quelle fatalitŽ, je me retrouverais dans une aussi cauchemardesque situation que celle que tu viens dĠŽvoquer et quoique je ne manque pas dĠimagination, la perspective de croiser quelque malfaisant vampire mĠest plut™t difficile ˆ admettre !

— Que tu le veuilles ou non, je nĠen ai pas moins la certitude quĠun grave danger plane sur toi et tĠexhorte ˆ observer la plus grande prudence au cours de ce voyage que tu tĠapprtes ˆ accomplir. Sois attentif aux signes qui te seront adressŽs et ne tĠŽcarte jamais de ta route, car si le destin tĠa relativement ŽtŽ favorable une fois, il ne tĠaccordera pas une deuxime chance de revivre de si merveilleux moments que ceux que tu as passŽs auprs de Kyria dans cet univers o tu as ŽchouŽ en quittant Ambrosia.

— Comment sais-tu cela ? tressaillit-il.

— Je suis un mŽdium, Johnny, Žmit-elle. Pas une vulgaire cartomancienne comme il en pullule chez vous. Je peux te montrer le chemin, mais nĠai pas la facultŽ de tĠobliger ˆ le suivre !

Puis, se levant, elle lui tendit la photo de Mary et ajouta :

— Garde-la toujours sur toi. Tu en auras besoin !